Comment débarrasser un chat de ses puces
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Comment débarrasser un chat de ses puces

9 min de lecture Sources : ANSES, Ameli

Danger — jamais de perméthrine sur un chat
La perméthrine, très courante dans les antipuces pour chien et dans certains produits « toutes espèces » bon marché, est mortelle pour le chat : il ne possède pas l’enzyme qui la dégrade. Tremblements, convulsions, décès en quelques heures. Ne posez jamais une pipette pour chien sur un chat, et séparez les animaux 48 h après avoir traité un chien. En cas d’application accidentelle : lavez au liquide vaisselle à l’eau tiède et filez chez le vétérinaire.

Un chat qui se gratte, ce n’est que la partie visible. Sur son pelage vivent environ 5 % de la population de puces : les adultes. Les 95 % restants — œufs, larves, nymphes — sont déjà tombés dans votre logement, entre les lames du parquet, dans les tapis, dans son panier, sous le canapé. Une femelle pond jusqu’à cinquante œufs par jour, et ces œufs ne collent pas au poil : ils glissent et pleuvent partout où le chat passe.

C’est la raison pour laquelle « j’ai mis une pipette et ça revient » est la phrase la plus entendue. La pipette a fait son travail : elle a tué les adultes présents. Mais le réservoir, lui, est intact, et il réalimente le pelage en continu. Traiter le chat sans traiter le logement, c’est vider une baignoire sans fermer le robinet.

Cet article traite du chat lui-même : quel produit, comment, à quelle fréquence, et les pièges spécifiquement félins. La toxicité, le chaton, la dermatite allergique, et le ver plat qu’on oublie systématiquement.

Reconnaître une infestation chez le chat

Vous ne verrez souvent aucune puce. Le chat est un toiletteur redoutable : il en avale une bonne partie. Cherchez plutôt les traces.

  • Les crottes de puces, le signe le plus fiable. Ce sont de petits grains noirs, façon poivre, concentrés à la base de la queue, sur le bas du dos et autour du cou. Le test qui tranche : déposez-les sur un coton humide ou un mouchoir blanc mouillé. Si le grain se dissout en auréole rouge-brun, c’est du sang digéré : ce sont des déjections de puces. S’il reste noir, c’est de la terre.
  • Le grattage et le léchage compulsifs, surtout sur l’arrière-train, avec des plaques dépilées et des petites croûtes.
  • Le peigne à puces (dents très serrées), passé à rebrousse-poil au-dessus d’une feuille blanche : il remonte les adultes et les crottes.

Attention à ne pas confondre. Les petits grains blancs mobiles autour de l’anus ne sont pas des puces mais des segments de ténia. La gale des oreilles (cérumen noir, sec, dans le pavillon, chat qui secoue la tête) est un acarien, pas une puce. Un chat qui perd ses poils en plaques rondes sans se gratter fait plutôt penser à une teigne, qui se transmet à l’homme et impose une consultation.

Le protocole

Protocole

  1. Étape 1 — Peigner à sec, avant tout produit. Peigne à puces, à rebrousse-poil, en insistant sur la nuque, le dos et la base de la queue. Plongez le peigne dans un bol d’eau savonneuse après chaque passage : les puces récupérées s’y noient et ne sautent pas ailleurs. Ce peignage vous donne la mesure réelle de l’infestation, et soulage immédiatement l’animal.
  2. Étape 2 — Appliquer un antipuce homologué chat, à la bonne dose. La dose dépend du poids : pesez le chat, ne devinez pas. Pour une pipette, écartez les poils à la base du crâne, entre les omoplates — le seul endroit qu’il ne peut pas lécher — et déposez le produit sur la peau, pas sur le pelage. Un produit resté sur les poils ne se diffuse pas.
  3. Étape 3 — Traiter le logement le même jour. Aspiration méthodique (parquet, plinthes, sous les meubles, canapé), sac jeté aussitôt dehors, lavage à 60 °C du couchage, puis produit habitat contenant un régulateur de croissance (pyriproxyfène ou S-méthoprène) sur les sols et textiles. Sans cette étape, tout le reste est temporaire.
  4. Étape 4 — Traiter tous les animaux du foyer, même ceux qui ne se grattent pas. Un seul animal non traité entretient la population entière. Chaque espèce reçoit son produit : jamais de chien sur un chat.
  5. Étape 5 — Vermifuger contre le ténia, 2 à 3 semaines après. La puce est l’hôte du Dipylidium caninum, le ver plat. En se toilettant, le chat avale des puces infestées, et le ver s’installe. C’est l’étape que presque tout le monde saute : un chat qui a eu des puces a très probablement un ténia. Demandez un vermifuge actif sur les cestodes (praziquantel).
  6. Étape 6 — Renouveler chaque mois, toute l’année. Le chauffage a supprimé la saisonnalité : les puces se reproduisent en janvier comme en juillet. Un chat d’intérieur strict n’est pas à l’abri — les puces montent sur vos chaussures et vos bas de pantalon.
  7. N’utilisez jamais un produit chien sur un chat, ni une demi-pipette « pour aller plus vite ». Perméthrine, deltaméthrine, amitraze : plusieurs de ces molécules sont des poisons félins.
  8. Ne baignez pas le chat. Le shampooing antipuces stresse énormément, tue seulement ce qui est présent à l’instant T, et il rince la pipette si vous l’avez posée. Le chat se lave très bien tout seul ; le peigne suffit.

Quel produit choisir

Forme Molécules courantes (chat) Durée À savoir
Pipette (spot-on) Fipronil, imidaclopride, sélamectine, fluralaner 1 mois (jusqu’à 3 pour certaines) Le standard. Ne pas laver ni baigner 48 h. Les molécules les plus anciennes rencontrent des résistances.
Comprimé Spinosad, nitenpyram (action éclair), lotilaner Quelques heures à 1 mois Rien sur le pelage, rien à lécher pour les enfants. Le nitenpyram tue en 30 minutes mais ne protège pas : c’est un coup de balai, pas un traitement.
Collier longue durée Imidaclopride + fluméthrine Jusqu’à 8 mois Pratique. Exigez impérativement un collier à fermoir de sécurité qui cède si le chat s’accroche. Les colliers de supermarché à base d’huiles essentielles n’ont pas d’efficacité sérieuse.
Spray Fipronil Environ 1 mois La seule option en dessous de 8 semaines pour certaines présentations. Mal supporté (bruit, froid). Appliquer à rebrousse-poil, en extérieur ou pièce aérée.

Le chaton de moins de 8 semaines est un cas à part : la plupart des pipettes lui sont interdites. On fait au peigne fin, plusieurs fois par jour, avec un bol d’eau savonneuse, on lave le couchage à 60 °C, et on traite la mère et l’environnement. Une infestation massive chez un chaton provoque une anémie qui peut être mortelle : gencives pâles, apathie, refus de téter, c’est une urgence vétérinaire.

La DAPP (dermatite par allergie aux piqûres de puces) mérite d’être connue : certains chats sont allergiques à la salive de puce. Une seule piqûre déclenche alors un grattage frénétique, des croûtes en semis sur le dos et le cou, une perte de poils sur les flancs. Le chat continue de se gratter alors qu’il n’y a plus de puces visibles. Ce n’est pas un échec du traitement : il faut consulter, l’inflammation demande un traitement propre.

Ce qui ne marche pas

Les colliers et médailles à ultrasons. Aucune efficacité démontrée. Les études indépendantes ne montrent pas de réduction du nombre de puces sur l’animal. C’est un objet décoratif.

L’ail, la levure de bière, le vinaigre de cidre dans la gamelle. Aucun effet répulsif prouvé. L’ail est en outre toxique pour le chat : il attaque les globules rouges.

Les huiles essentielles. À proscrire chez le chat, dont le foie ne métabolise pas les phénols et les terpènes. Le tea tree, en particulier, provoque des intoxications graves. Un « antipuce naturel » n’est pas un antipuce doux : c’est souvent un antipuce inefficace et parfois dangereux.

La terre de diatomée sur le pelage. Elle abrase la cuticule des insectes, mais la poudre est irritante pour les voies respiratoires du chat et de l’homme, et le chat l’ingère en se toilettant. À réserver, éventuellement, à des zones inaccessibles du logement.

Changer de pipette chaque semaine parce que « ça ne marche pas ». Le surdosage est un vrai risque. Si les puces persistent malgré un produit récent bien appliqué, le problème n’est pas la molécule : c’est le logement qui n’a pas été traité, ou un animal du foyer oublié.

Quand appeler un professionnel

Deux professionnels différents, pour deux problèmes différents.

Le vétérinaire (consultation : 35 à 60 €, produit en sus) s’impose dans plusieurs cas : un chaton, un chat anémié, des lésions cutanées étendues ou une suspicion de DAPP, une exposition à un produit chien, ou des puces qui résistent à un traitement correctement mené. Les molécules les plus récentes et les plus efficaces ne sont délivrées qu’en clinique.

L’entreprise de désinsectisation intervient sur le logement quand l’infestation dure depuis des mois, que la moquette est en cause, ou que plusieurs pièces sont touchées. Comptez 120 à 250 € pour un appartement, 300 à 600 € pour une maison, avec une seconde visite de contrôle à 15 jours. Vérifiez la certification certibiocide et prévenez que des animaux vivent sur place : le protocole et les délais de réintégration en dépendent.

Questions fréquentes

Mon chat ne sort jamais : comment a-t-il attrapé des puces ?

Par vous. Les puces et leurs œufs voyagent sur les semelles, les bas de pantalon, un sac posé dans un jardin, la visite d’un ami qui a un chien. Elles peuvent aussi remonter d’une cave, d’un sous-sol ou d’un logement voisin infesté. Un chat strictement d’intérieur doit être protégé comme les autres.

Combien de temps pour en voir la fin ?

Comptez trois semaines minimum, souvent deux mois. Ce n’est pas le chat qui prend du temps — la pipette agit en 24 à 48 h — c’est le stock de nymphes du logement, qui éclosent en décalé. Continuez d’aspirer tous les deux ou trois jours pendant tout ce temps : c’est ce qui vide le réservoir.

Peut-on donner un bain antipuce à un chat très infesté ?

Seulement en cas d’infestation massive sur un chaton trop jeune pour être traité, avec de l’eau tiède et un liquide vaisselle doux, et à condition que l’animal le supporte. Pour un chat adulte, le bain n’apporte rien qu’un bon peignage suivi d’une pipette ne fasse mieux — et il annule l’effet du spot-on.

Les puces du chat vont-elles s’installer sur moi ?

Non. Elles vous piqueront — chevilles, mollets — mais ne vivent ni ne pondent sur l’homme. Si les piqûres apparaissent la nuit, dans le lit, sur le haut du corps et alignées, la piste à explorer n’est pas la puce mais la punaise de lit.

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Références utiles