Comment se débarrasser des cafards

5 min de lecture Sources : ANSES, service-public

Une blatte — un cafard — qui traverse la cuisine la nuit, c’est un incident. Une blatte qui traverse en pleine journée, c’est un signal : la population est devenue si dense que les cachettes ne suffisent plus. Quand vous en croisez une de jour, il y en a des dizaines derrière l’électroménager.

La seule méthode qui atteint une colonie entière de cafards, c’est le gel appât. Pas la bombe, pas le fogger. Voici pourquoi, et le protocole exact.

Blatte germanique (Blattella germanica), le cafard le plus courant dans les cuisines
La blatte germanique, petite et fauve, est l’espèce que l’on croise en cuisine.Photo : gailhampshire / Wikimedia Commons, CC BY 2.0

Reconnaître le cafard : l’espèce oriente le traitement

Trois blattes se rencontrent en France. La blatte germanique est petite (1,5 cm), fauve, avec deux bandes sombres sur le corselet : c’est la plus courante en cuisine, et la plus prolifique. La blatte orientale est plus grande, brun-noir, et cherche l’humidité — caves, canalisations, vide-sanitaire. La blatte américaine, brun-roux, dépasse 3 cm et fréquente les réseaux chauds.

Dans presque tous les cas domestiques, c’est la germanique. C’est elle qui justifie l’usage du gel, car elle se reproduit vite et se cache dans les moindres fissures.

Pourquoi la bombe aggrave tout

Le geste à ne pas faire. Acheter une bombe insecticide ou un fogger. Les produits répulsifs qu’ils diffusent tuent les adultes exposés — 5 à 10 % de la population — et projettent le reste dans les cloisons, les gaines et l’appartement voisin. Les œufs, eux, sont intacts : l’oothèque (la capsule qui les contient) est imperméable aux insecticides de contact. Trois semaines plus tard, tout éclôt, ailleurs.

Le protocole

Protocole

  1. Étape 1 — Couper l’eau et la nourriture. Miettes, vaisselle sale, gamelle de l’animal laissée la nuit, poubelle ouverte, éponge humide : tout part au propre et au sec. Une blatte survit des semaines sans manger, mais pas longtemps sans eau. Essuyez les points d’eau le soir.
  2. Étape 2 — Poser le gel appât sur les trajets. Le gel (à base de fipronil, d’indoxacarbe ou d’acide borique) se dépose en petites gouttes, aux endroits de passage : derrière et sous le réfrigérateur, sous l’évier, dans les charnières de placards, le long des plinthes. Pas au milieu de la pièce, où il n’y a rien.
  3. Étape 3 — Laisser agir la contamination en chaîne. La blatte qui consomme le gel regagne sa cachette, y meurt, et ses congénères la dévorent ou consomment ses déjections, encore chargées de matière active. Un seul individu empoisonné en tue plusieurs autres qui n’ont jamais touché l’appât. C’est le seul mécanisme qui atteint la population cachée.
  4. Étape 4 — Recharger et colmater. Renouvelez le gel tant qu’il est consommé. En parallèle, rebouchez les fissures, les passages de tuyaux et les plinthes décollées : vous supprimez les abris. La terre de diatomée, glissée dans les interstices inaccessibles, complète utilement le dispositif.

Comptez plusieurs semaines pour une infestation installée. Tant que le gel est consommé, la colonie est vivante : on recharge. Le jour où l’appât reste intact plusieurs jours d’affilée, c’est terminé.

Ce qui ne marche pas

  • La bombe insecticide et le fogger. Ils dispersent la colonie et laissent les œufs intacts. Ils transforment une infestation localisée en infestation généralisée.
  • Pulvériser un insecticide de contact au même endroit que le gel. Le produit répulsif rend le gel « suspect » : les blattes l’évitent, et vous perdez votre seul vrai levier.
  • Les remèdes maison (feuilles de laurier, concombre, marc de café). Ils éloignent au mieux quelques individus. Le nid, lui, ne subit rien.

Le risque sanitaire, en clair

Les blattes se déplacent des canalisations à la cuisine et transportent des germes sur les aliments et les surfaces. Elles sont aussi une source reconnue d’allergènes, qui peuvent aggraver l’asthme dans les logements infestés. Ce n’est pas une raison de paniquer, mais une raison de traiter sérieusement, sans attendre. Pour tout symptôme de santé, l’interlocuteur reste votre médecin.

Faut-il appeler un professionnel ?

Le gel appât règle la majorité des cas domestiques. Faites appel à une entreprise de désinsectisation (3D) si l’infestation est massive, si elle vient des parties communes d’un immeuble, ou si elle revient malgré un protocole bien mené. Dans un immeuble, le traitement doit souvent être coordonné entre logements, sinon les blattes se déplacent d’un appartement à l’autre.

Questions fréquentes

Pourquoi je vois plus de cafards depuis que j’ai posé le gel ?

C’est fréquent les premiers jours : les blattes sortent de leurs cachettes pour consommer l’appât, puis mourir. C’est le signe que le gel fonctionne, pas qu’il échoue. Ne nettoyez pas, ne pulvérisez rien par-dessus.

Le gel est-il dangereux pour mes enfants ou mes animaux ?

Posé en petites gouttes dans des endroits inaccessibles (sous les meubles, dans les charnières), le risque est faible. Par précaution, dans un foyer avec jeunes enfants ou animaux, privilégiez les stations-appâts fermées : la blatte y entre, pas le doigt ni la truffe.

Combien de temps pour s’en débarrasser ?

Quelques jours pour voir la population chuter, plusieurs semaines pour éteindre complètement une colonie installée. La patience et le rechargement du gel valent mieux qu’un produit « choc » qui disperse tout.

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